Le Temps            
           

 

 Dès mon réveil le matin


Le temps m'attend sur la marche du jour  


Ses sabots piétinent le dernier rêve de ma nuit


Sa crinière transforme ma fenêtre en automne roux


Pégase à la poitrine d'or  


Qui a dormi dans les stalles de mon sommeil


Éveillé, il file sur la première raie de lumière 


Qu'attrapent mes paupières entrouvertes


Un oiseau prend sa croupe pour un arbre nu 


Les fleurs tombent en pétales fanés de ses naseaux


Pendant qu'il boit à l'auge de ma vie


Il galope à travers les images qui défilent 


De plus en plus rapidement… 


Pendant que s'assèche la rivière de la mémoire


Une eau basse d'où les souvenirs émergent…


Rapide coursier à la robe tachée d'âges  


Centaure au poitrail usé 


Quand donc s'arrêtera ta course effrénée ?


Pour que je puisse contempler d'un regard paisible


Le paysage immobile de l'univers complet…

 

Tous droits réservés - Paule Doyon, décembre 2001



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