Petite prose poétique d'automne


J'entre dans le poème le poème devient vivant

Ce ne sont plus des mots ce ne sont plus des phrases

Le papier lui-même a disparu

Mais le pin est réel et le mélèze aussi

Au sol les immortelles se meurent

et tous les oiseaux sont absents

Je me meus à travers un décor

et le réel compose mon poème

 


 
et le réel compose mon poème

 

Le chemin gris va vers nulle part

À travers les arbres le ciel est parfait

Un jet y trace son passage à la craie

La lumière est si belle que le soleil y dort

dans cet automne où le vent est rare

Une auto passe et rompt le silence

entre les petits pins qui rêvent à leur futur immense

Et je prends l'automne comme on prend l'amour

oubliant que l'hiver va changer la lumière

 


oubliant que l'hiver va changer la lumière

 

Tout est vaste beau et silence

L'ocre a jeté sur tout sa housse rousse

Je compte une à une les feuilles qui tombent

Je marche entre les arbres et leurs ombres

La rivière ralentit pour regarder passer l'automne

 

la rivière ralentit pour regarder passer l'automne

 

Vous des villes ne savez pas ralentir les pas du temps

Arrêter l'heure au Cosmos

Vous manquez la lumière et les oiseaux du silence

Je ne peux pas  moi qui suis dans le poème

vous enfermer dans mes phrases

Je suis dans la vie, vous êtes dans le rêve

Mes mots fondent le vrai

Mes phrases tissent le réel
 


mes phrases tissent le réel 


 
  Sur le chemin de terre mes pas sont silencieux

Mon ombre me suit dans cette incroyable lumière

Tous les oiseaux sont partis

Je regrette leurs chants

La rivières se tait toutes ses pierres sont sorties

pour regarder s'en aller l'automne

Que disent donc les arbres?

Dont les feuilles se sont enfuies

Vous des villes dans votre monde artificiel

Vous manquez cet incroyable fouilli de réel
 


 
vous manquez cet incroyable fouilli de réel

 

J'attache à mes mots la lumière de l'automne

L'or du silence, le départ des oiseaux 

Dans l'étang hier asséché l'eau est revenue

baigner les quenouilles fatiguées de l'été

Et j'aime cet automne qui me parle de la vie

Une minute sur l'herbe s'est arrêtée

et tout l'Univers en un instant est devenu précis

 

et tout l'Univers en un instant est devenu précis

 


Paule Doyon

tous droits réservés- septembre 2000

 

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